Bétaillère V2.0
J’étais tombé fou amoureux de mon vil scenic. Une grande surface de bricolage, une commande de 300 kilos de bois qui est livré immédiatement, et crac, le nonospace en mode bétaillère. Comme qui rigole, chargé en dix minutes.
Cependant, son aspect délabré et sa couleur vert sapin métal moche n’étant pas au gout de madame, j’ai changé de crémerie. On va prendre un truc qui se vend bien, un picasso gris métal. Le xsara, hein, il faut pas plaisanter.
Instantanément, comme un nouveau gendre remplaçant celui auquel on s’était péniblement habitué, elle m’a déplu.
Pourtant, elle est moderne. Oui, un autoradio à cd, pour moi c’est moderne.
Elle grince de partout (bon, les trains roulants, la commande de boite et l’ancrage haut de ceinture conducteur), les sièges arrières sont moins pratiques que sur le scenic (verrouillent pas replié), c’est plein de trucs électriques partout (qui fonctionnent encore il est vrai).
Les rétros sont placés à des endroits idiots, il y a un champ de vision arrière de sniper, et le mec qui a fait les commodos est un rejeton de l’enfer tellement j’ai ramé pour trouver comment mettre les essuie vitre (mis du lave glace par intermittence pendant une demi heure avant de tenter un truc idiot, monter le commodo).
Le klaxon n’est pas au centre du volant, et le plip a ses humeurs.
Les rangements sont parfaits pour mettre un tomtom ou un petit objet, mais les deux trapottes ridicules dans le plancher arrière… Le seuil de coffre est haut, la roue de secours sous la voiture, et je ne suis pas certain de pouvoir rentrer une moto dedans (et ça c’est nul).
Il n’y a pas de compte tours, et l’affichage numérique de la vitesse, j’aimais pas avant d’en avoir un, j’aime toujours pas.
Et puis il y a le deux litres hachedéhi. J’ai des souvenirs émus de mon petit 1700 turbo à injection mécanique, peu puissant mais alerte, avec du couple, et quand tu appuies, ça pète noir un coup et ça envoie la brouette en marche avant.
Eh bé là non. C’est une commande d’accélérateur drive by carambar. Tu enfonces une pédale, et quelque part des petits lutins bosch remplissent et tamponnent des formulaires avant d’envoyer du carburant. Il y a une plage où ça marche mieux, mais c’est loin du ralenti. Peux pas dire, pas de tourmètre. Alors face à mon scenic vert cabossé essence qui réagissait bien au coup de chaussure sur l’accélérateur, je peine franchement à m’insérer dans une file avec le picasso (air de diplodicus gentil, réflexes de diplodocus endormi). Finies les manoeuvres de hooligan, finie la place de l’étoile en sifflotant, convaincu que le flot des jolies voitures allemandes s’ouvrirait telle la mer rouge devant le moïse au losange…
Sans parler des bruits bizarres de pompes côté gauche qui s’amplifient quand on met de la charge.
Non, je l’aime pas.
Mais ella un truc bien. Un ordinateur de bord qui dit que tu fais 2.9 litres aux cent kiliomètres. Ca rend l’usage de la brouette, l’oeil rivé sur l’indicateur en 7 segments, bien plus distrayant. J’espère tomber un sous les 5 litres sur un plein facilement.


